Un retour audacieux dans l’ombre

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Thief VR : Legacy of Shadow marque une étape importante pour une licence emblématique de l’infiltration. Après des épisodes marquants sur écran classique, la série choisit la réalité virtuelle pour renouveler son approche. Le concept paraît évident sur le papier. Se glisser dans la peau d’un voleur agile, évoluer dans des rues sombres, se fondre dans l’obscurité et tendre la main pour subtiliser un objet précieux semblent presque conçus pour la VR. Testé sur PlayStation VR2, le jeu ambitionne d’offrir une immersion totale et une tension constante. Il est également disponible sur Meta Quest 2 et Meta Quest 3, mais aucune comparaison ne peut être faite ici puisque ces versions n’ont pas été testées. L’analyse repose donc uniquement sur l’expérience vécue avec le casque de Sony. La question centrale reste simple : la réalité virtuelle enrichit-elle réellement la formule Thief ou s’agit-il d’un simple habillage technologique ?

La ville comme personnage

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L’un des premiers éléments marquants est l’atmosphère. La ville dans laquelle se déroule l’aventure n’est pas un simple décor. Elle respire, gronde et semble observer chacun des mouvements. Les ruelles étroites, les intérieurs richement détaillés, les manoirs aux couloirs silencieux et les toits balayés par le vent créent un environnement crédible et oppressant. La direction artistique reste fidèle à l’identité gothique et industrielle de la série. Sur PlayStation VR2, l’immersion visuelle fonctionne particulièrement bien. Les contrastes entre lumière et obscurité sont essentiels. Se cacher dans l’ombre n’est pas qu’un concept abstrait, c’est un réflexe physique. Il faut réellement se coller contre un mur sombre, se pencher légèrement pour observer un garde ou retenir un geste trop brusque. L’éclairage dynamique joue un rôle clé dans cette sensation de vulnérabilité permanente. Le travail sonore renforce encore cette immersion. Le son en 3D permet de localiser précisément les bruits. Des pas résonnent au-dessus d’une pièce. Une conversation se distingue derrière une porte close. Le grincement d’un plancher sous les pieds déclenche un instant de panique. Chaque détail sonore participe à la tension. Le casque PS VR2 ajoute également un retour haptique discret mais efficace, notamment lors des impacts ou lorsque la situation devient critique. Cette accumulation de petits effets crée un sentiment de présence très convaincant. Le cœur de l’expérience repose sur les mécaniques d’infiltration adaptées à la réalité virtuelle. Ici, tout ou presque se fait à la main. Ouvrir un tiroir demande de tendre le bras et de tirer doucement. Fouiller une bourse implique un geste précis. Voler un objet posé sur une table nécessite de vérifier que personne ne regarde avant d’approcher lentement la main. Ce niveau d’interaction renforce l’implication et donne un véritable poids aux actions. L’arc, outil emblématique, profite aussi de la VR. Armer une flèche, tendre la corde et viser physiquement apportent une dimension plus concrète aux affrontements à distance. Chaque tir demande concentration et stabilité. Le jeu encourage clairement la discrétion plutôt que la confrontation directe. Les gardes ne sont pas de simples obstacles. Ils patrouillent, réagissent au moindre bruit suspect et peuvent rapidement submerger le joueur en cas d’erreur. Cette exigence crée une tension constante, mais elle révèle aussi certaines limites. Certaines manipulations manquent parfois de fluidité, surtout dans des situations d’urgence. Attraper rapidement un objet ou refermer une porte peut devenir stressant pour de mauvaises raisons. Les déplacements, paramétrables pour réduire l’inconfort, demandent un temps d’adaptation. Malgré ces quelques accrocs, l’ensemble reste cohérent et respecte l’ADN de la série, en mettant la patience et l’observation au centre de l’expérience.

Une aventure maîtrisée

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Sur le plan narratif, Thief VR : Legacy of Shadow propose une intrigue sombre, construite autour de rivalités, de secrets et de manipulations. La VR renforce l’impact de certaines scènes. Se tenir face à un personnage, percevoir sa proximité, capter ses expressions et son ton donne une intensité particulière aux échanges. La mise en scène privilégie l’immersion plutôt que les effets spectaculaires. La structure des missions alterne entre exploration libre, infiltration stricte et séquences plus dirigées. Certains niveaux brillent par leur conception. Ils offrent plusieurs chemins, différentes approches et la possibilité de contourner les gardes de manière inventive. D’autres paraissent plus linéaires, ce qui peut réduire légèrement le sentiment de liberté. La durée de vie est satisfaisante sans être exceptionnelle. L’aventure se parcourt avec plaisir, mais laisse parfois l’impression qu’elle aurait pu aller plus loin, proposer davantage de zones ouvertes ou de missions secondaires. La rejouabilité repose principalement sur l’envie d’optimiser ses performances, de découvrir des passages alternatifs ou de relever des défis supplémentaires.

Galerie Photos

Vidéo

Les plus Les moins

Points positifs

  • Immersion remarquable grâce au PS VR2
  • Ambiance sonore et direction artistique très réussies
  • Interactions manuelles engageantes et immersives
  • Tension constante et infiltration exigeante
  • Bonne exploitation des fonctionnalités haptiques

Points négatifs

  • Quelques imprécisions dans certaines manipulations
  • Rythme inégal selon les missions
  • Durée de vie correcte mais perfectible
  • Accessibilité limitée aux joueurs sensibles au motion sickness

En conclusion

8
Thief VR : Legacy of Shadow sur PlayStation VR2 réussit à transformer l’infiltration en expérience physique et immersive. L’ombre devient un refuge tangible, chaque bruit déclenche une réaction instinctive et chaque geste compte. La direction artistique et le travail sonore soutiennent efficacement cette tension permanente. Tout n’est pas irréprochable. Certaines interactions manquent de souplesse et le contenu aurait gagné à être plus généreux. Malgré cela, l’ensemble demeure solide, cohérent et fidèle à l’esprit de la licence. Disponible également sur Meta Quest 2 et Meta Quest 3, le jeu propose une alternative sur d’autres supports VR, mais aucune comparaison technique ou visuelle ne peut être avancée ici faute de test sur ces versions. Sur PlayStation VR2, l’expérience reste marquante et démontre que la réalité virtuelle peut enrichir intelligemment une série centrée sur la discrétion et la tension.

Testé par Anthony TAELMAN (Tùni)

Tùni
"Joueur depuis ma plus tendre enfance, j'ai pris la première claque de ma vie en 1996 avec Resident Evil. Créateur en 2012 de CN Play, et toujours à sa tête, mon expérience de nombreuses années dans le domaine du jeu vidéo est maintenant au service de ma talentueuse équipe."
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