Une promesse d’horreur qui intrigue
The 9th Charnel se présente comme un survival horror psychologique à la première personne misant avant tout sur l’atmosphère et la tension progressive. L’idée de départ est séduisante. Un univers sombre, un récit fragmenté, une approche lente qui privilégie l’angoisse diffuse plutôt que les effets faciles. Sur le papier, la proposition a de quoi attirer les amateurs d’expériences oppressantes et exigeantes.
Cependant, une fois plongé dans l’aventure, un décalage apparaît entre l’intention affichée et le résultat concret. Le jeu possède une identité claire, mais son exécution soulève de nombreuses réserves. L’expérience alterne entre moments réellement immersifs et passages frustrants qui affaiblissent l’ensemble. Cette dualité explique pourquoi le titre suscite des réactions partagées, voire franchement négatives chez une partie des joueurs.
Une ambiance réussie mais inégale
Il serait injuste de nier les qualités atmosphériques de The 9th Charnel. Le travail sur les environnements constitue l’un des piliers du jeu. Les décors sombres, les espaces confinés et l’éclairage minimaliste participent à créer une sensation d’isolement constante. Certains lieux dégagent une véritable tension. Le simple fait d’avancer dans un couloir mal éclairé suffit parfois à faire monter la pression.
Le sound design joue un rôle essentiel dans cette immersion. Les bruits lointains, les craquements discrets et les silences prolongés entretiennent un malaise latent. Le jeu comprend que l’horreur ne réside pas toujours dans ce que l’on voit, mais souvent dans ce que l’on imagine. Cette approche fonctionne particulièrement bien lors des premières heures.
Cependant, cette atmosphère repose sur un équilibre fragile. Les limitations techniques viennent régulièrement briser l’immersion. Des animations rigides, des transitions abruptes ou des éléments visuels inégaux rappellent que le projet manque de finition. La peur psychologique exige une cohérence totale. Dès qu’un détail semble artificiel ou maladroit, la tension retombe. L’ambiance, bien que réussie par moments, ne parvient pas à rester constante sur la durée. Le cœur de l’expérience repose sur l’exploration, la résolution d’énigmes simples et des phases d’évitement face à des menaces. Sur le principe, cette formule correspond parfaitement au ton du jeu. Lenteur et prudence devraient renforcer l’angoisse. Dans les faits, la mise en œuvre pose problème.
Les déplacements manquent parfois de fluidité. Les interactions ne sont pas toujours intuitives. Ouvrir une porte, manipuler un objet ou comprendre une mécanique peut donner l’impression de lutter contre l’interface plutôt que contre l’environnement hostile. Cette sensation nuit à l’immersion et transforme certaines séquences en moments laborieux.
L’intelligence artificielle constitue également un point faible notable. Les comportements des ennemis semblent irréguliers. Parfois trop précis, parfois étrangement passifs, ils manquent de cohérence. Une poursuite censée être stressante peut devenir confuse à cause de réactions imprévisibles ou mal calibrées. La tension repose sur la crédibilité de la menace. Lorsque celle-ci paraît artificielle, l’impact diminue fortement.
Le jeu cherche à instaurer une difficulté exigeante. Pourtant, la difficulté provient souvent d’un manque d’ergonomie ou de lisibilité plutôt que d’un véritable défi réfléchi. Cette distinction est importante. Une exigence bien construite stimule le joueur. Une maladresse technique le frustre.
Une narration intrigante mais mal rythmée
Sur le plan narratif, The 9th Charnel adopte une approche fragmentée. L’histoire se dévoile par petites touches. Des indices disséminés dans l’environnement permettent de reconstituer progressivement le puzzle. Ce choix est pertinent pour un jeu d’horreur psychologique. Il encourage l’observation et la réflexion.
Le problème ne vient pas du concept, mais de son exécution. Le rythme narratif manque parfois de progression claire. Certains passages semblent étirés sans apporter d’éléments significatifs. L’envie de comprendre l’univers existe, mais elle s’essouffle lorsque les révélations tardent ou manquent d’impact.
Le mystère est présent, mais il peine à se transformer en véritable moteur émotionnel. L’histoire donne l’impression d’avoir du potentiel, mais celui-ci n’est pas pleinement exploité. Il manque un crescendo, un moment fort capable de marquer durablement. Au lieu d’une montée en intensité, l’expérience reste souvent sur un même niveau de tension, ce qui finit par atténuer l’intérêt. Ce qui ressort de l’ensemble, c’est une sensation de projet ambitieux mais inabouti. The 9th Charnel contient de bonnes idées. L’ambiance, certains environnements et quelques séquences bien maîtrisées montrent qu’une vision cohérente existait.
Cependant, l’accumulation de petits défauts finit par peser lourd. Problèmes techniques, mécaniques imprécises, IA inconstante, rythme narratif irrégulier. Pris séparément, ces éléments pourraient être tolérables. Ensemble, ils créent une expérience déséquilibrée.
Le jeu ne manque pas d’identité. Il manque de polissage. Il donne parfois l’impression d’être une version encore en phase d’amélioration plutôt qu’un produit totalement abouti. Cela n’en fait pas une œuvre dénuée d’intérêt, mais cela limite considérablement son impact.
Galerie Photos
Vidéo
Les plus Les moins
Points positifs
- Ambiance sombre et immersive par moments
- Sound design efficace
- Direction artistique cohérente
- Intention narrative intéressante
Points négatifs
- Gameplay rigide et interactions imprécises
- Intelligence artificielle inégale
- Problèmes techniques et manque de finition
- Rythme narratif mal équilibré
- Frustration plus fréquente que véritable tension
En conclusion
The 9th Charnel propose une vision intéressante de l’horreur psychologique. Son ambiance sombre et son intention artistique méritent d’être saluées. Certaines séquences parviennent réellement à instaurer une tension efficace.
Cependant, les problèmes techniques, la rigidité du gameplay et une narration mal rythmée empêchent le jeu d’atteindre pleinement son objectif. L’expérience demeure inégale. Elle alterne entre moments prometteurs et frustrations répétées.
Pour les joueurs prêts à accepter des imperfections notables au profit d’une atmosphère travaillée, le titre peut conserver un certain attrait. Pour la majorité, il risque de laisser une impression mitigée, marquée par le sentiment qu’un potentiel intéressant n’a pas été exploité à sa juste mesure.
Testé par Anthony TAELMAN (Tùni)
"Joueur depuis ma plus tendre enfance, j'ai pris la première claque de ma vie en 1996 avec Resident Evil. Créateur en 2012 de CN Play, et toujours à sa tête, mon expérience de nombreuses années dans le domaine du jeu vidéo est maintenant au service de ma talentueuse équipe."