Un pari rétro dans une saga moderne
God of War Sons of Sparta surprend dès les premières minutes. Là où la série principale s’est imposée avec des productions ambitieuses en 3D et une mise en scène spectaculaire, cet épisode choisit une direction radicalement différente. Vue en deux dimensions, esthétique pixel art assumée, progression inspirée des jeux d’action des années 16-bits. L’intention est claire : revenir aux origines, non seulement du personnage de Kratos, mais aussi du jeu vidéo d’action pur et exigeant.
Ce choix intrigue autant qu’il divise. L’expérience se veut plus compacte, plus directe, plus centrée sur le gameplay que sur la démesure cinématographique. Le résultat est cohérent, parfois efficace, mais loin d’être exceptionnel. Il s’agit d’un épisode honnête, qui fonctionne sans réellement dépasser son concept.
Une jeunesse spartiate intéressante mais peu surprenante
L’histoire explore une période encore peu développée dans la chronologie de Kratos. L’accent est mis sur sa relation avec Deimos et sur la brutalité de l’éducation spartiate. L’idée est pertinente. Elle permet d’aborder le personnage avant qu’il ne devienne le guerrier tourmenté que l’on connaît.
Certains passages parviennent à installer une atmosphère pesante. Les dialogues sont simples mais efficaces. La rivalité fraternelle apporte un minimum de tension émotionnelle. Le jeu tente de montrer les racines de la rage de Kratos, ce qui donne un peu plus d’épaisseur au récit.
Cependant, la narration reste assez linéaire. Les événements s’enchaînent sans véritable surprise. Les moments dramatiques sont prévisibles et le développement des personnages secondaires demeure limité. L’ensemble se suit avec intérêt, mais sans provoquer de réelle émotion marquante. Le scénario remplit son rôle sans jamais prendre de risque narratif fort. Le cœur du jeu repose sur ses combats en 2D. Les affrontements sont nerveux, précis et demandent une certaine maîtrise du timing. Les coups sont rapides, les esquives réactives et les enchaînements satisfaisants lorsque l’on commence à en comprendre le rythme.
La progression s’inspire clairement des jeux de type Metroidvania. Certaines zones ne deviennent accessibles qu’après l’obtention de nouvelles compétences. Cette structure encourage l’exploration et offre un sentiment d’évolution constant. Les boss constituent les moments les plus réussis du jeu. Ils demandent de l’observation et une bonne gestion des déplacements.
Malgré ces qualités, une répétition finit par s’installer. Les types d’ennemis se renouvellent peu. Les environnements, bien que distincts visuellement, ne proposent pas toujours de mécaniques différentes. Après plusieurs heures, l’impression d’avoir déjà vu l’essentiel du système de combat apparaît. Le plaisir est présent, mais il reste stable, sans montée en puissance spectaculaire.
Un style rétro maîtrisé mais prudent
Le pixel art constitue l’un des points les plus marquants du jeu. Les animations sont détaillées et les effets visuels lors des combats sont convaincants. Certaines arènes et certains temples affichent un vrai sens du détail. L’identité visuelle rappelle les jeux d’action classiques tout en conservant l’univers mythologique propre à la saga.
La bande-son accompagne correctement l’action. Les thèmes musicaux soutiennent les combats et les moments plus calmes, mais peu de morceaux restent réellement en mémoire. L’ambiance sonore remplit sa fonction sans proposer de thème emblématique.
Dans l’ensemble, la réalisation est propre. Le jeu tourne correctement et ne souffre pas de problèmes techniques majeurs. Toutefois, cette maîtrise technique s’accompagne d’un manque d’audace. Rien ne surprend visuellement. Tout est bien exécuté, mais rarement impressionnant. La campagne se termine en un nombre d’heures raisonnable. Le rythme est assez équilibré et évite les longueurs inutiles. Quelques zones secrètes et améliorations optionnelles encouragent à fouiller les niveaux.
Cependant, le contenu additionnel reste limité. Une fois l’histoire principale terminée, peu d’éléments poussent à revenir durablement sur le jeu. L’absence de modes alternatifs ou de défis plus élaborés réduit la rejouabilité. Pour un spin-off, cela reste acceptable, mais cela renforce l’impression d’un projet plus modeste.
Galerie Photos
Vidéo
Les plus Les moins
Points positifs
- Ambiance spartiate bien retranscrite
- Combats précis et dynamiques
- Pixel art soigné
- Boss globalement réussis
- Exploration satisfaisante
Points négatifs
- Scénario linéaire et prévisible
- Manque de variété dans les ennemis
- Peu d’innovations marquantes
- Rejouabilité limitée
- Bande-son peu mémorable
En conclusion
God of War Sons of Sparta est un jeu solide. Il respecte l’univers de la série et propose un gameplay fonctionnel, parfois exigeant et globalement satisfaisant. Le choix du format 2D rétro est assumé et cohérent avec le propos centré sur la jeunesse spartiate de Kratos.
Cependant, l’ensemble manque d’ambition. Le scénario est prévisible, le gameplay finit par tourner en rond et la direction artistique, bien que réussie, ne provoque pas de véritable surprise. Ce n’est pas un mauvais jeu. C’est un épisode correct, agréable à parcourir, mais qui ne marque pas durablement la saga.
Testé par Anthony TAELMAN (Tùni)
"Joueur depuis ma plus tendre enfance, j'ai pris la première claque de ma vie en 1996 avec Resident Evil. Créateur en 2012 de CN Play, et toujours à sa tête, mon expérience de nombreuses années dans le domaine du jeu vidéo est maintenant au service de ma talentueuse équipe."